Les prescriptions du Dr Muller


Les Sorciers maléfiques

Les Warlocks sont le groupe d'un seul homme : Bobby Hecksher. Un homme seul mais très entouré puisque son groupe a compté pas moins de 8 membres dont 4 guitaristes. Les Warlocks tirent leur inspiration des années 60 versant New-York, du Kraut Rock, d'Hawkwind. Bref, c'est un groupe psychédélique.


Tout commence en 1998

Le premier concert du groupe a lieu le 4 juillet 1998 et depuis Hecksher et ses hommes sont dans un long et torturé voyage (on ne précisera pas la ou les substances). Toujours est-il que Hecksher était prédestiné, en quelque sorte, à devenir un musicien puisque sa mère travaillait dans la station de radio que possédait son grand-père. Dans ces conditions, il est peu surprenant que Hecksher forme son 1er groupe en Californie à la fin des 80's, Charles Brown Superstar, avec lequel il enregistrera deux albums et deux singles avant la séparation. Après cet épisode, Hescksher est invité à jouer sur l'album de Beck Stéréopathetic Soul Manure puis s'en va former Magic Pacer (2 albums encore avant une autre séparation). Il fut aussi, furtivement, membre du Brian Jonestown Massacre du lunatique Anton Newcombe.


Apparition des sorciers maléfiques

Après donc diverses tribulations et changement de personnel, ce qui restera une mauvaise habitude, le groupe se stabilise autour de huit éléments et l'adoption du patronyme The Warlocks. Petite précision, ce patronyme a une histoire : c'est celui de la version séminale du Grateful Dead mais aussi celui du groupe de Lou Reed avant le Velvet Underground. La musique des Warlocks a peu à voir avec celle du Grateful Dead encore que les longs développements instrumentaux... Elle rappelle plutôt le Velvet période White Light, White Heat ou encore Can pour la rythmique métronomique (deux batteurs sont à l’œuvre). On pense aussi à Television ou Quiscksilver Messenger service pour les guitares acérées et volubiles.


Une carrière peu linéaire

A la fin des 90's, les Warlocks sont le groupe émergent de la scène angeline. Octobre 2000, Hecksher signe avec le label Bomp ! de Greg Shaw (accessoirement le même label que le Brian Jonestown Massacre). Puis fin 2000 sort un EP puis un album Rise and Fall. La lune de miel avec Bomp ! ne dure pas puisque Hecksher quitte la compagnie et signe avec Birdman Records pour l'album de 2002, The Phoenix Album. C'est Mute Records qui en 2005 sort Surgery. Mais cet album se vend mal. Retour à Bomp ! Retour sans suite puisque les albums suivants sortent sur le label Teepee : en 2007 Heavy Deavy Skull Lover, en 2009 The Mirror Explodes. Sans doute lassé des ces aller-retour d'un label l'autre, Hecksher décide de fonder son propre label Zap banana Records dont le logo rappelle la banane wharolienne du 1er album du Velvet Underground. La première sortie du label n'est autre que la réédition du 1er album du groupe augmentée de quelques titres inédits pour faire bonne mesure (on citera plus particulièrement une version de « Cocaïne Blues »). En 2013 la dernière formation en date du groupe enregistre Skull Worship en 2013. Enfin, en 2016 Hecksher s'associe avec le label Cleopatra pour l'album Song From The Pale Eclipse. En 2016, le groupe enregistre Vevey issu de la tournée de promotion de l'album Cleopatra.


La musique des sorciers

Outre les influences précitées on peut aussi estimer que les Warlocks doivent quelque chose à The Jesus and Mary Chain, aux Spacemen 3 ou à Spiritualized pour le coté rock drogué. Car la musique des Warlocks est hypnotique, planante, déchirée par la distorsion et les fulgurants accès de rage guitaristique des 4 intrumentistes. Les vocaux ne sont pas le point fort du groupe qui s'oriente plutôt vers le chanté-parlé-fatigué à la Lou Reed. Le point fort des Warlocks ce sont les cavalcades effrénées des guitares, la rythmique obsédante, omniprésente des deux batteurs et les paroles qui font référence à la défonce ou à la mort. L'ambiance générale est plutôt opiacée que lysergique et les cranes qui ornent les pochettes ne font guère penser au Flower-Power.


Les titres marquants

On retiendra des morceaux comme « Song For Nico » de l'album Rise and Fall, hommage non dissimulé aux pères spirituels new-yorkais et à leur égérie héroïnomane, Nico. Toujours dans l'optique dope, on conseillera le « tube » « Shake the Dope Out » et son pendant « The Dopes Feels Good » gravés sur le Phoenix Album. « Red Camera » sur The Mirror Explodes n'est pas mal aussi. Pour terminer ce tour d'horizon sonique, on écoutera avec intérêt « Hurricane Heart Attack » extrait de Vevey, l'album live.

Song for Nico

Shake the Dope Out

The Dopes Feels Good

Red Camera

Hurricane Heart Attack

Si tu augmentes la dose, tu feras une overdose

On ne vous souhaite pas de faire une attaque cardiaque arc-en-ciel à l'écoute de la musique sombre parfois funèbre du groupe. Les pochettes des albums évoquent plus la grisaille bétonnées des mégapoles que le chant du rossignol au petit matin dans la verte campagne. Ce qui est logique vu l'inspiration de ces sorciers maléfiques. On remarquera aussi qu'il n'existe aucune photo claire des membres du groupe sur la pochette des albums, refus de l'image et du star-system ? Peut-être mais ce qui est important c'est la musique et si vous aimez votre rock lourd, envoûtant, transpercé d'attaques soniques, planant, irritant, il faut écouter les Warlocks. Soyez surs en tout cas que votre petite sœur fan de Lady Gaga n'essayera pas de vous voler les cd du groupe...



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