Les prescriptions du Dr Muller

Un freakbeat à la française ? Ou les oubliés du rock français

Les groupes


Les Ambitieux pré Five Gentlemen

Ces Ambitieux venaient de Marseille et de la région

Les Anges

Les Anges comme beaucoup d'autres à l'époque s'interrogent sur la nature des choses avec « Une fille mais qu'est-ce que c'est ? », si vous avez la réponse...

 

 

 

Une fille mais qu'est-ce que c'est ?

Les Anonymes

les Anonymes c'était un groupe de 5 musiciens français originaires de l'est de la France, leur seul et unique 45 tours ayant été auto-produit, la pochette se révèle être un clin d’œil au second album des beatles, on sent aussi l'influence des Byrds dans leur musique et leur look. "Fais attention" est plutôt du coté des Rolling Stones via Bo Diddley, des Stones poids plume faut-il préciser... Mais c'est l'intention qui compte.

Fais attention

 

Le Bain Didonc

C'est à l'Olympia en 1963, où les Beatles se produisent pour la première fois en France que Serge Koolen et sa bande présents dans la salle voient la lumière. A leur retour sur Colombes, ils créent Les Peatles, un groupe sous influence des petits gars de Liverpool. Et ça marche pas trop mal : en 1964, Ils remportent “Le Concours de Rock de Radio Luxembourg” (future RTL) puis le prix du “Meilleur Groupe de Rock and Roll Français des Maisons de Jeunes” à Courbevoie en 65, c'est dire...

Au cours, d’un gala alors qu'ils accompagnent Charles Trenet, ils sont présentés à Richard Bennett qui les invite à rejoindre l’écurie Riviera. Ils sortent ainsi sous le nom des Bain Didonc un excellent EP dont est extrait « 4 cheveux dans le vent ».

 Sous l’emprise du cerveau « malade » de Richard Bennett, Les Piteuls multiplient alors les projets plus ou moins farfelus et loufoques. Ils enregistrent ainsi sous divers pseudonymes – Les Papyvores et Buddy Badge Montezuma – des disques complètement hallucinés (« Je suis LSDique et paranoïque , c’est psychédélique » extrait du Papyvore) ; mais aussi un EP sous le nom Pierre Paul et Jacques avec le morceau cultissime et Dada « Je suis turc ».

En 1970, Serge Koolen et Richard Dewitte partiront fonder avec Joëlle, le groupe Il était une fois, avec le succès qu’on leur connaît grâce au tube « J’ai encore rêvé d’elle ’    »… « Je l’ai rêvée si fort, que les draps s’en souviennent »…  Eh ben dis donc...

 

4 cheveux dans le vent


les Boots

Ces quatre parisiens adoptent ce nom après avoir entendu la chanson de Nancy Sinatra « These boots are made for walking ».
Au printemps 1966, c’est un contrat avec Polydor qui leur permet d’enregistrer leur premier EP au Studio des Dames à Paris (qui appartient au label). Suivent de nombreux concerts au Bus Paladium, à la salle Wagram… Puis à l’automne c’est le second EP comprenant « Les gens sont méchants » signé J.Monty et Bryan Mu alias Eric Charden. Faute de ventes suffisantes, le contrat est rompu avec Polydor. Et le groupe se disloque après avoir refusé d’enregistrer une chanson pour la société de cosmétique Twenty. Les Boots reste cependant un des premiers groupes français à signer ses propres chansons ne se contentant pas de simples reprises. Voici une version, honorable ma foi, du "Dedicated Folowers Of Fashion" des Kinks.

Mais que fait-il ?

Les Bowlers


Les Bowlers, à priori, seraient de Nice. Ils ont enregistré 2 EPs en 1966 sur le label Barclay
- Roland Seroussi, chant , guitare solo et auteur compositeur et un certain Daniel à la batterie sont les seuls informations dont on dispose et c'est peu.

 

Il est trop tard

Les Fléaux

Les Fléaux dont on ne sait pas grand chose sont passés à la postérité pour leur version du « Gloria » des Them

.Gloria

Les Fraises des bois

Ces Fraises des bois pouvaient se cueillir du coté de Clermont-Ferrand dans le Puy-De-Dôme, entre 1965 et 1967. Ce groupe, au nom improbable ("Strawberry Fields" des Beatles peut-être?) était composé de Jean-Pierre Couvaud, son frère Jean-Jacques Couvaud, Christian Schmidt et Jean-Noël Reignat. Pas d'originaux sur l'unique EP du groupe mais des reprises dont le "You Better Run" des Young Rascals, avec force fuzz et vocaux énervés.

You better run

Les Goths

Les Goths, c'est un peu la saga des frères Frascone. Ils débutent en 1965 sous le nom de Welkins. Puis ce sont Les Goths avec Bruno Frascone (guitare), son frère Gino Frascone (guitare), Bernard Faucher (basse) et Philippe Sauteur à la batterie. Ce dernier ne pouvant se déplacer pour les répétitions, il est écarté au profit… de Bruno Frascone. En 1966, le groupe répète à la salle du Donjon à Gisors où ils partagent les lieux avec les Senders. Ils finissent par enregistrer leur premier 45t en 1968. Dans la foulée, ils entrent en studio pour graver l’album « Rêves de silence ». Sept titres seront enregistrés… Et puis EMI n’étant pas payé, stoppe la production et s’empare de l’acétate. En 1969, Gino part à l’armée et décide à son retour de ne plus chanter et de se consacrer au jazz. C’est la fin des Goths…

Le jour était gris

Les Gypsys

Les Gypsys est composé de Serge Doudou (guitare solo), Jean-Pierre Hipken (basse et chant), Jacky Pujol (guitare rythmique), Gérard Fettinger (batterie). Ils font des concerts à travers toute la France, mais la scène parisienne se souvient particulièrement de leurs concerts au Bus Palladium, au Golf Drouot, au Gibus etc.

Je ne te pardonnerai pas

Les Gaelics

Les Gaelic est un groupe de Paris composé de bretons exilés. Ils ont débuté en 1963 sous le nom de Crismen avec un répertoire de reprises rythm'n blues. Ils écumen talors les salles parisiennes et périphériques où il se taillent une belle réputation et passent régulièrement dans les lieux phares de la capitale ( Golf Drouot, La Locomotive .. )
Ils font aussi des incursions en Bretagne ou ils participent à différents festivals rock ( Rennes , Pont l'Abbé).
En 1966 ils signent chez Festival et enregistrent un EP de reprises.Pour cela le label leur demande de changer leur nom en Gaelic (Français en breton ) pour affirmer leurs origines bretonnes .
Le morceau "Gardez les cheveux longs" (version française de « Baby let your hair down » ) aura un succès d'estime.Ce sera leur seul Ep et en 1967 l'appel sous les drapeaux va signer pour eux la fin de l'aventure. Ils auraient pu chanter à l'adjudant : « Gardez Les Cheveux Longs »...

Gardez les cheveux longs

Les Homards Violets

L'unique EP des Homards Violets publié est paru en 1967. Deux morceaux se dégagent particulièrement "le sadique" et "le clodo". "Le Clodo" est un petit chef d'oeuvre du rock français. Mur de feedback, paroles caustiques, la chanson est d'une violence et d'une originalité rare dans le paysage français de l'époque. Les Homards Violets hésitent entre non-sens et rimes incertaines mais la conviction avec laquelle ils interprètent ce titre emporte l'adhésion.

 

Clodo

Les Problèmes

Les Problèmes, créés au milieu des années 1960, sont surtout connus pour avoir accompagné Antoine en studio sur l'album Antoine rencontre les Problèmes (Vogue), puis en tournée et à la télévision, notamment lors d'un Discorama de Denise Glaser à l'hiver 1966. Les Problèmes c'est alors : Gérard Rinaldi (chant et saxo alto), Jean Sarrus (basse, issu des Rebelles puis des Tarés), Gérard Filippelli (guitare solo), Luis Rego (guitare rythmique) et Donald Rieubon (batterie).

Ils ont assuré aussi les premières parties de Françoise Hardy (1965), Johnny Hallyday (1967) ou encore Claude François (1968). Donald Rieubon quitte le groupe pour faire son service militaire (il jouera par la suite dans les groupes Martin Circus (1970), Labyrinthe (1970-1973), Tartempion et les Visitors ; il accompagnera aussi Nino Ferrer). Il est alors remplacé par William Olivier puis par Jean-Guy Fechner, le frère de leur manager d'alors Christian Fechner. William Olivier continuera avec eux comme batteur lors de leurs prestations en tant que chanteurs, la basse étant tenue par Jacques Dautriche alias « Sullivan », remplaçant de Luis Rego au sein des Problèmes, lors de l'incarcération de ce dernier au Portugal.

Les Problèmes furent l'incarnation de ce qu'aurait pu être un Freakbeat à la française mais devant le peu de perspectives qu'offrait le rock alors en France, surtout pour les groupes, ils se réinventèrent en Charlots, incarnation sous laquelle ils connurent le succès.

Je ne vois rien

Les Lionceaux

Le groupe voit le jour à Reims (Marne) en 1961 autour d'Alain Hattat. Il donne son premier concert en 1962 dans la région de Reims. Les Lionceaux remportent trois fois le concours de l'émission télévisée Âge tendre et tête de bois en jouant l'instrumental "The Spotnicks Theme". Ils sortent leur premier EP chez Mercury Record en 1963. Ils accompagnent lors d'une de ses tournées Johnny Hallyday, et font, derrière lui, les chœurs masculins à l'Olympia en 1964.
En 1963, les formations instrumentales et vocales vont être considérées en France comme une formule sans avenir. Les groupes de rock de la première heure se dispersent, à commencer par les Chaussettes noires, le show-bizz préférant désormais miser sur des artistes solo accompagnés de musiciens professionnels, souvent étrangers. Les Lionceaux sont alors à contre-courant.
Mais ils vont se retrouver d'un seul coup à l'avant-garde avec l'explosion des Beatles, qui change toute la donne. Dans les années 1964-1965, les Lionceaux sont parmi les premiers à proposer des adaptations en langue française de chansons des Beatles. Voici leur version.d'un titre non pas des Beatles mais des Kinks "All the day and all the night".

Le jour, la nuit, le jour

Gil Now

les Turnips étaient la formation la plus populaire du Golf-Drouot et de la Locomotive en 1965-66. Leur répertoire était essentiellement constitué de reprises Rythm'n'Blues. Il est amusant de noter que leur guitariste solo, Gérard Serraud, portait sur lui un papier signé de ses parents et du commissariat de son quartier l'autorisant à porter les cheveux longs. Ce qui en dit long sur l'époque...

Leur chanteur Gilles Néau fait une tentative en solitaire sous le nom de Gil Now & The Turnips . Ils n'ont malheureusement jamais eu l'occasion d'enregistrer quoi que ce soit. Le groupe se sépare en 1966 et deviendra les Rockers. Gil Neau sera accompagné par les New Rockers qui prendront le nom de New Turnips.

Dis le moi

Fleurs de Pavot

Les Fleurs de Pavot, au nom évocateur de paradis artificiels, sont les auteurs du détonnant et jubilatoire « À dégager ». Si l’on s’en tient à la biographie reproduite sur leur unique album, les Fleurs de Pavots sont nés de la rencontre de Pat Parker dit Groovy Pat originaire de Londres et Jésus de San Francisco sur un bateau à destination de Saint-Tropez. Tous deux s’y rendent pour voir les Soft Machine qui accompagnent la pièce délirante de Picasso « Le Désir Attrapé par La Queue ». Assis à une terrasse de café, ils découvrent médusés Zorba (Le Catalan), et Siddartah qui font la manche. Ils décident d’un commun accord de former un groupe : Les Fleurs de Pavots sont nés ! Cela rappelle les Strangeloves (Feldman, Goldstein, Gottherer),soi disant éleveurs de moutons australiens mais aussi la découverte de Polnareff en train de mendier et grattouiller sa guitare sur le parvis du Sacré Cœur. Mais, bien sur, ce n'est qu'une belle histoire et les Fleurs de Pavot se sont fondés, en fait, sur les cendres des Bourgeois de Calais, groupe twist le plus populaire du Nord de la France.

Lorsque Patrick Legros, leur leader, est appelé à servir la France, le groupe se dissous. Cet épisode n'est pas sans en rappeler d'autres qui concourent à la fin de nombre de groupes français.

À sa libération, Patrick Legros relance les Bourgeois de Calais (65), il contacte à cet effet Jean-Pierre Castellain (ex Yeomen), rencontré à l'armée qui accepte de faire la guitare et le chant, persuade Claude Lachèvre, membre original du groupe, de reprendre du service à la batterie et sollicite Jacques Gressier qu’il connaît depuis le collège pour faire l’orgue. Ils se produisent alors dans tout le Pas-de-Calais avec plus ou moins de succès lorsqu’ils rencontrent Maurice Erath au cours d un concert au Touquet. Riche patron d’une société de produits laitiers des Halles.

Ils montent donc à Paris, et habitent chez Maurice Erath qui leur trouve des cachets ci et là. Les Bourgeois de Calais jouent ainsi plusieurs mois à Pigalle au Dracula, boite à Strip-tease sordide. Ils y partagent la vedette avec le King Set dont le chanteur n’est autre que Michel Jonasz (cf « Super Nana » en 1972). Un soir, pendant leur show, une bagarre entre deux bandes rivales de Blousons noirs dégénère et fait un mort. Le Dracula les congédie, la galère reprend. Dans l’impasse, ils démarchent Jean-Pierre Rawson, directeur de l’agence artistique du Théâtre des Champs Élysées qui s’occupe déjà de Julie Driscoll, Tom Jones, Herbert Léonard et des Aphrodite’s Child.

L’arrivée de ce groupe est une aubaine pour Jean-Pierre Rawson qui y voit l’opportunité de lancer le premier groupe hippy français. Les Bourgeois de Calais deviennent ainsi Les Fleurs de Pavots. Pour que l’imposture soit complète, Jean- Pierre Rawson les affuble de pseudonymes appropriés et leur crée un nouvel univers de circonstance (look plus hippy tu meurs). Il demande à Jean-Claude Vannier, qui n’est pas encore l’auteur compositeur à succès que l’on connaît (Gainsbourg « Mélodie Nelson », Michel Jonasz…), et Sébastien Poitrenaud de leur écrire quelques chansons.« Dîtes-le avec des fleurs de pavots », « À dégager», « La puissance des ténèbres»… voient ainsi rapidement le jour.

Afin de roder ses poulains, et grâce à ses relations, Jean-Pierre Rawson leur dégote un engagement au très prisé Papagayo de Saint-Tropez où ils se produisent pendant quatre mois. Ils jouent aussi au Golf Drouot et au Bilboquet où le tout-Paris se bouscule pour voir le show le plus incroyable du moment (Projections hallucinantes, décors délirants). Ils enregistrent ensuite un album au studio de Bernard Estardy, l'organiste de Nino Ferrer. Mais le disque fait flop (moins de mille exemplaires vendus) et le groupe se sépare.

Super Girl

 

Les Pollux

On peut créditer les Pollux de présenter une face plutôt garage punk : ils ne sourient pas et ont l'air agressifs. Les coupes Brian Jones ne déparent pas l'ensemble. On apprécie surtout le hurlement au début du titre.

 

Gotta see my baby

Les Senders

Les Senders est un groupe français originaire de Vernon en Normandie. C'est l'un des nombreux groupes de rock qui ont eu une certaine notoriété régionale sans pour autant être connus du grand public.

 

 

Les cheveux longs

 

Les Somethings

Même peine pour les Somethings d'Amiens dans la Somme. Leur "Monde infernal" ne l'est pas - infernal. Il bénificie même de belles accélarations rythmique du meilleur effet. Ces Somethings, au look Music Machine, auraient pu faire quelque chose...

 

 

Le monde infernal

Les Swifts

Précisons d'abord que ces Swifts là n'ont rien à voir avec Jonathan et Gulliver. Les Swifts viennent de loin : ils ont débuté vers 1959-1960 à Annecy. Ils interprètent au départ des chansons folk et s'orientent vers un répertoire plus rock'n'roll dès 1961. En quelques années, les Swifts se font un nom, multiplient les concerts. En 1963, ils enregistrent leur premier E.P : "Danny", "Ready Teddy", "Be Bop a Lula", "Je m'ennuie". Les 500 exemplaires sont vendus en quelques jours. On retiendra plus particulièrement leurs versions de "I Saw Her Standing There" des Beatles, et de "Shaking All Over", le grand classique de Johnny Kidd et les Pirates revisité par Vince Taylor, qui figurent sur leur second EP. Leur son est à la croisée des chemins entre le Surf moribond et le Mersey Beat naissant.

Shakin' All Over

Voila pour ce tour d'horizon subjectif de ce que l'on peut qualifier de French Beat, de Freakbeat ou de rock français sous influence anglaise. Il faut noter que l'époque voyait la suprématie du rock anglais et américains et que les français ne produisaient la plupart du temps que des versions souvent inférieures des succès d'outre-manche et d'outre atlantique. Il n'en reste pas moins que ces audacieux et téméraires garçons, filles, groupes entendaient bien se faire entendre et s'exprimer dans l'idiome qui leur tenait à coeur : le rock.

 

On remerciera pour cet article le site 45toursderockfrancais.net pour les illustrations mais aussi les auteurs des compilations " A Bas Les Yé-Yé", "Ils sont fous ces gaulois", "French Cuts", "Gentlemen de Paris", "Pop à Paris", "Generation Perdue", "Le Punk Français", "Psygaelic", "Wizz ! Psychorama Français". La majorité de ces compilations me paraissent difficiles à trouver en magasin. Tentez votre chance sur internet


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